par Garance Chassaing sur November 22, 2017
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Tout le monde a déjà entendu parler des grands et majestueux Big 5 qui peuplent la savane africaine. Le lion, le léopard, le buffle, le rhinocéros et l’éléphant ont fait la renommée de la brousse et nombreux sont ceux qui espèrent croiser leur chemin en safari.

Peut-être certains ont-ils également entendu parler des Big 5 de l’Océan ; la baleine et le requin en tête de ligne, des animaux tous aussi majestueux mais peuplant un élément différent.

Mais qui ici a déjà entendu parler des Ugly 5 ? Entendez ici les vilains du règne animal. Cet article est pour moi l’occasion de vous présenter les grands laissés-pour-compte de la savane africaine car chez Rhino Africa on aime que trop peu laisser qui que ce soit sur le banc de touche. Introduction !

1. Le phacochère

Le phacochère est la grand victime de la savane, toujours poursuivi par les léopards, ses courtes pattes et ses quelques kilos en trop ne lui laissent que trop peu de chance de survie face aux rapides prédateurs. Et pour cause ; le mâle peut atteindre jusqu’à 150 kilos et la femelle 80 ! Son embonpoint, ses deux yeux de chaque côté très hauts sur la tête et ses plusieurs verrues qui ornent sa face lui valent une place de choix dans ce drôle de top 5.

Bébé phacochère à la lumière du matin dans la savane Africaine.

Si on le regarde de plus près (ou de plus loin ?) on peut parfois tout de même le trouver attachant.

Cousin du cochon et du sanglier ses activités préférées sont : manger et se rouler dans la boue lui donnant si mauvaise réputation malgré son côté inexorablement attachant. Que la personne n’ayant pas affectionné Pumba dans le Roi Lion lève le doigt ? En réalité se rouler dans la boue consiste en sa seule stratégie de survie, il peut ainsi se camoufler en plus de se rafraichir lors des grosses chaleurs. L’épaisse couche de boue sur sa peau le protège aussi des rayons du soleil.

Phacochère qui se roule dans la boue en Afrique pour se rafraîchir !

Sa principale activité : se rouler dans la boue pour son bien-être mais aussi sa survie !

2. Les Hyènes

Pour ricocher avec le film emblématique de Disney, si l’on se souvient de Pumba, tout le monde se rappelle également du rire repoussant des trois hyènes dans le dessin animé. En réalité elles poussent ce cri strident quand elles ont trouvé à manger. Les hyènes sont des charognards, se nourrissant principalement des charognes abandonnées ou volées aux grands prédateurs. Elles chassent aussi – mais très peu – et le plus souvent s’attaquent lâchement aux nouveaux-nés.

La hyène prend la fuite après avoir volé la tête d'une charogne de zèbre dans la savane Africaine.

La hyène prend la fuite après avoir volé la tête d’une charogne de zèbre. Bon appétit !

Les hyènes ont l’arrière-train plus bas que le reste de leur corps leur donnant cet aspect trapu. Leur pelage peut être rayé ou tacheté et d’une couleur tirant sur le marron. Au delà des simples cractéristiques physiques c’est aussi l’une des rares espèces animales où les dominants des meutes sont le plus souvent des femelles.

Les bébés de la hyène jouant à l'aube dans la savane Africaine.

Rencontrés sur ma route au Kruger, difficile de ne pas trouver ces nouveaux-nés attendrissants bien que l’on sache ce qu’ils deviendront une fois grands !

3. Les Vautours

Le vautour est aussi le nom d’oiseau que l’on donne à des personnes que l’on ne porte pas toujours dans nos coeurs quand on veut leur reprocher leur nature similaire à celle du rapace et du charognard ; voleur de carcasses aimant s’attaquer aux plus faibles et petits laissés sans surveillance.

Quant à leur moyen d’auto-défense il est aussi efficace que repoussant ; il consiste à vomir sur ses prédateurs. Si la nourriture ingurgitée n’est pas encore totalement digérée alors il s’agira d’un lot de consolation pour l’animal en chasse déçu de ne pas avoir pu attraper l’oiseau. Mais si le contenu de son estomac est déjà digéré alors le taux d’acidité agira comme un puissant répulsant et poison pour son prédateur qui y réfléchira à deux fois avant de s’en prendre de nouveau à lui.

Gros plan sur un vautour africain, son cou et son plumage.

Le vautour n’a pas de plumes le long de son cou pour lui permettre de plonger directement sa tête dans les carcasses des autres animaux. Photo Crédit : Jean-Claude Fournier

Bien que l’apparence physique et la nature du vautour soient repoussantes, reste qu’il s’agit d’un animal plus que jamais essentiel dans l’équilibre de notre écosystème. Sans lui de nombreuses épidémies feraient rage. En effet, il a pour rôle de nettoyer le cadavre des animaux morts et en décomposition empêchant ainsi les germes de fourmiller et d’infecter les autres animaux de la savane au système digestif moins “tout-terrain”. Impossible donc de ne pas lui accorder un certain capital sympathie supplémentaire.

Opération de sauvetage du vautour, espèce en danger, en Afrique.

Les vautours sont essentiels dans l’écosystème d’où la nécessité de les protéger comme ici lors d’une opération menée par l’association Wild Life Act. Crédit Photo : Wild Life Act

4. Le Gnou

Le Gnou semble être le fruit d’une mauvaise combinaison. Chaque partie de son corps a les propriétés d’un autre animal si bien qu’on le croirait en pièces détâchées : les jambes d’une antilope, les cornes du buffle, le pelage d’un cheval, la queue, le cou et le visage allongé du lion.

Gnou dans la savane Africaine sur fond de ciel bleu.

Difficile de dire à quel animal le gnou ressemble le plus tant il est un mixte de tous.

Les gnous sont plutôt sédentaires, sauf si la nourriture devient insuffisante. Ils effectuent alors des migrations saisonnières importantes traversant deux pays d’Afrique : la Tanzanie et le Kenya. Cet événement d’envergure est appellé : La Grande Migration. Durant ce voyage, des zèbres et gazelles les accompagnent, formant des rassemblements de plus de deux millions de têtes. Forcés de traverser des fleuves lors de leur transhumance ; ils sont bien souvent les proies des crocodiles qui les attendent au tournant ! Encore une fois les tenants de ce classement sont les grandes victime de la dure loi de la jungle (ou plutôt devrions nous dire ici savane ?).

Traversée des rivières par une centaine de gnous lors de la Grande Migration.

Moment fatidique des traversées des rivières… Crédit Photo : Eric Inafuku

5. Le Marabout

Principalement en raison de la poche sans poils et groissièrement pendante qu’il a sous le cou. Ou peut-être pour son dos courbé et son attitude sans grâce. Reste que le marabout d’Afrique n’est pas le type d’oiseau que l’on aimerait entendre chanter dans son jardin de bon matin.

Marabout d'Afrique, oiseau majestueux d'Afrique.

Leur cou est recouvert d’un duvet ébouriffé quand ils ne sont pas entièrement nus.

Ils adoptent fréquemment un comportement charognard et la nudité de leur tête et de leur cou se trouve alors être un atout comme elle l’est pour les vautours. En effet, des plumes sur la tête seraient enduites de sang coagulé ou de substances corporelles lorsque l’oiseau la plongerait dans le corps d’un gros animal, tandis qu’une tête nue reste propre. Il s’agit d’un atout pour leur prochain festin mais nous ça nous coupe l’appétit !

Marbout d'Afrique et son plumage blanc et noir en Afrique.

Le marabout d’Afrique doit surement regretter de ne pas plus ressembler à son cousin la cigogne.

Si vous n’aviez pas encore entendu parler des Ugly 5,  voilà qui est chose faite. Malgré leur apparence parfois repoussante et certaines de leurs mauvaises habitudes ils restent tout de même attachants à leur façon et – comme tout animal – profondément essentiels à l’équilibre de notre écosystème !

Je me rappelle encore comme hier le jour où j’ai rencontré pour la première fois une famille de hyènes dans le Parc National Kruger. Impossible de ne pas tomber amoureuse des petits courant après leur mère, malgré mes préjugés. Si vous aussi vous souhaitez partir à leur rencontre et vous faire votre propre idée nous serions ravis d’organiser cette expérience safari ensemble !