par Maïlys Derville sur July 14, 2016
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Durant une quinzaine de jours, j’ai décidé d’explorer l’étendue des contrées namibiennes. Partie de Cape Town, j’ai effectué plus de 5 000 kilomètres, du Fish River Canyon au Parc national d’Etosha, en passant par Sossusvlei, Windhoek ou encore le Waterberg. Un périple extraordinaire qui m’a permis de découvrir un pays encore trop méconnu, regorgeant pourtant d’une diversité de paysages à couper le souffle. Je vous propose ainsi de suivre mes aventures de destination en destination, au coeur d’une nature authentique et sauvage. L’occasion de vous laisser envoûter par les charmes de la Namibie, afin de pourquoi pas, en faire votre prochain voyage.

 

1. CAP SUR LE FISH RIVER CANYON

femme assise admirant la vue au sommet du fish river canyon
« Voyager rend modeste. On voit mieux la place minuscule que l’on occupe dans le monde. » – G. Flaubert

 

Le paysage dominant
La frontière entre l’Afrique du Sud et la Namibie à peine franchie, je découvre la splendeur des étendues sauvages et quasi-désertiques de la région de Karas. Des kilomètres de terres arides et caillassées qui m’accompagnent jusqu’à Hobas, puis au point de vue panoramique de Fish River Canyon. De là, le contraste avec les impressionnants dédalles rocheux est encore plus saisissant. Et pour cause, je fais tout bonnement face au deuxième plus grand canyon du monde.

Mon ressenti
L’ébahissement me gagne progressivement au fur et à mesure que je prends conscience de l’étendue du panorama qui se profile devant moi. Une grandeur qui me frappe de plein fouet, allant même jusqu’à me plonger dans un agréable mutisme. Il est aux alentours de 18 heures, le soleil se fait de moins en moins haut dans le ciel, tandis que le fond de l’air s’adoucit légèrement. Une atmosphère relaxante, dans laquelle je me surprends à perdre délicieusement pied.

L’étape idéale
Si le Fish River Canyon me marque autant, c’est d’une part évidemment grâce à sa taille, mais également car il sera mon premier arrêt depuis mon départ de Cape Town. Une saveur particulière donc, dont je me délecte le temps d’une après-midi et d’une soirée, avant de gagner la charmante ville de Lüderitz, à l’ouest. Pour se faire, n’oubliez pas de passer par Aus, qui en plus d’abriter une population des plus sympathiques, possède aussi l’une des seules stations-service de la région.

Mon plus beau souvenir
L’image de ce dégradé de couleurs détonnant avec l’astre lunaire immaculé subsistera probablement à jamais dans mon esprit. Du bleu au rose violacé, le ciel namibien semble s’être paré de ses plus belles tonalités pour me faire rêver. Un spectacle d’une inouïe beauté que je contemple de longues minutes, assise en silence face à l’immensité de la vallée.

4x4 garé au fish river canyon en namibie au coucher du soleil

L’arrêt sur image
Je réalise une nouvelle fois qu’il n’est pas toujours aisé de rendre compte de la grandeur des paysages sur une photo. Après plusieurs tentatives pour immortaliser les formations rocheuses, je finis par trouver un angle intéressant, en intégrant également le 4×4 à ma composition. Résultat, un cliché plutôt réussi où la « tâche » blanche apparaît comme dérisoirement petite à côté de la merveille naturelle de 160 kilomètres sur 27.

2. CAP SUR LÜDERITZ

église style colonial allemand surplombant l'océan à luderitz namibie

 

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… elle est mortelle. » – P. Coelho

 

Le paysage dominant

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je gagne pour la première fois dans la ville. Le panorama précédant est en effet à tel point désertique, que j’en viens à me demander si je ne fais pas fausse route. Et puis soudain, la magie opère. Après des kilomètres de sable jaune ponctué d’amas noirâtres, je découvre plantées dans le décor, 8 lettres formant l’épellation de Lüderitz à la manière hollywoodienne. En m’aventurant un peu plus au loin, je découvre une commune aux façades pastels, dont le charme s’apparente d’ailleurs bien plus à la douceur méditerranéenne des bourgades espagnoles, qu’au style architectural américain. Toutes ces jolies rues bordées de maisons amarantes, asperges ou bleu paon semblent converger harmonieusement vers le port et sa baie, donnant eux directement sur l’immensité de l’océan Atlantique.

Mon ressenti

Un profond dépaysement. Je n’ai plus l’impression d’être en Afrique, mais étrangement bel et bien dans un adorable village perdu au sud de l’Europe. Réchauffée par l’intensité des rayons du soleil, je laisse mon esprit vagabonder au-delà des charmantes ruelles, tandis qu’un sentiment de bien-être et de sérénité m’envahit. Une fois arrivée sur le quai, je me laisse bercer par les oscillations des quelques bateaux amarrés et dont le vent fait chanter les voiles dans une mélodie des plus harmonieuses. Un spectacle dont je vais définitivement avoir du mal à me lasser.

 

L’étape idéale

J’ai décidé de filer en direction de Lüderitz directement après avoir visité le fabuleux Fish River Canyon. Non seulement la route effectuée fut assurément l’une des plus belles de mon périple grâce à une grande diversité de paysages, mais cette deuxième étape m’a également permis par la suite de pouvoir rallier aisément le site de Sesriem, considéré comme l’une des merveilles du pays. Sur la route, vous aurez entre autres la chance de passer par la Réserve naturelle du NamibRand, où circulent notamment dans la plus grande liberté, zèbres, girafes et antilopes.

 

Mon plus beau souvenir

Si j’ai autant aimé Lüderitz, c’est également en grande partie pour sa proximité avec l’incroyable Kolmanskop : une ancienne ville diamantaire située à dix kilomètres de là et aujourd’hui reconvertie en village fantôme envahi par le sable du Namib. D’anciennes demeures coloniales abandonnées et arborant des couleurs raffinées, que j’ai particulièrement appréciées admirer durant de longues heures à travers l’objectif de mon appareil photo. Au début certes un peu intimidée par l’invraisenblance des lieux, j’ai en effet finalement pris rapidement goût au jeu de la photographie.

maison remplie de sable au village abandonné kolmanskop en namibie

 

L’arrêt sur image

Il me fut presque impossible d’arrêter d’immortaliser ces bâtiments décharnés : les tonalités, les jeux de lumières, la disposition, le contexte, l’histoire, l’atmosphère… Tout n’est que source d’inspiration dans cet endroit absolument hors du commun. Mais si je ne devais retenir qu’une photo, cela serait sans aucun doute celle de trois portes ouvertes, encerclées par un joli cadre en bois travaillé, et à moitié ensevelies par des quantités de sable jaune. Disposées les unes à la suite des autres, de sorte que regarder à travers la première me permet de voir la dernière, elles constituent un cadre hypnotisant, voire quasi mystérieux grâce aux traces de pas laissées au sol par les nombreux voyageurs qui se sont aventurés sur les lieux au fil du temps. 

3. CAP SUR LA RÉSERVE NATURELLE DU NAMIBRAND

coucher de soleil sur le paysage semi-aride du namibrand namibie

« Lorsqu’elle s’enfuit, la route est la seule amante qui vaille la peine d’être suivie. » – S. Tesson

 

Le paysage dominant

D’immenses plaines arides bordées par d’imposantes formations rocheuses inégales. Les contrées désertiques, assez semblables à celles du Nevada, affichent des couleurs pastel ocres quasi usées à la manière d’un filtre Instagram rétro. Un décor s’étendant sur plusieurs hectares et partiellement recouvert d’une végétation sèche, pour le plus grand bonheur de ses occupants.

Mon ressenti

Incontestablement, un immense sentiment de liberté. À peine l’entrée de la Réserve naturelle du NamibRand franchie, je me suis en effet sentie submergée par une sensation de plénitude et de bien-être inspirée par ce lieu hors du commun, qui reflète selon moi parfaitement toute la magie de la Namibie. Une atmosphère enivrante et d’autant plus électrisante que des animaux sauvages, à l’instar de girafes ou d’oryx, y circulent librement.

L’étape idéale

Plus que l’étape idéale, je dirais que la Réserve du NamibRand a constitué une escale fondamentale dans mon périple. Après avoir passé deux jours à Lüderitz, j’ai pris la route pour me rendre jusque Sossuvlei, loin de me douter que je roulais vers ce qui serait l’un de mes moments préférés du voyage. Un instant dont la spontanéité inattendue m’a prise au dépourvu et m’a fait davantage apprécier mon arrivée à Sesriem, incroyable oasis semblant littéralement sortir des confins de l’univers.

Mon plus beau souvenir

Comment pourrais-je oublier cette fin d’après-midi passée hors du temps : sur ma gauche le soleil se coucher, distillant une lumière d’un orange éclatant ; sur ma droite, la lune faisant peu à peu une apparition remarquée entre deux collines à l’allure majestueuse. Un spectacle d’une infinie beauté qui me pousse irrémédiablement à m’arrêter sur le bas-côté et à abandonner le volant de ma voiture, appareil photo à la main. Quelques minutes seulement qui resteront probablement à jamais gravées dans ma mémoire, car mieux qu’une photo, je garde de ce moment d’une rare intensité, un souvenir impérissable.

L’arrêt sur image

zèbre traversant une route au namibrand namibie

Parmi les dizaines de photos saisies sur le vif, la plus belle restera sans aucun doute celle d’un zèbre resté en retrait d’un troupeau formé par une trentaine d’animaux. À l’origine seul d’un côté de la route, il s’est en effet empressé de la traverser pour rejoindre ses pairs, me donnant l’occasion d’immortaliser une scène à l’image des Beatles sur Abbey Road : le mammifère de profil, rappelant non sans une once d’ironie les couleurs d’un passage piéton, avec en toile de fond, un chemin en terre, un panneau signalant la présence d’antilopes et les somptueuses montagnes.

 

À bientôt !